Page:Marivaux - Théâtre, vol. II.djvu/20
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C’est elle-même, et l’on m’avait dit que je la trouverais ici.
Il est vrai, monsieur ; mais elle a cru devoir se retirer, et m’a chargée de vous prier de sa part de me confier ce que vous voulez lui dire.
Eh ! pourquoi m’évite-t-elle ? Est-ce que le mariage dont il s’agit ne lui plaît pas ?
Mais, monsieur, il est bien hardi de se marier si vite.
Oh ! très hardi.
Je vois bien que monsieur pense judicieusement.
On ne saurait donc la voir ?
Excusez-moi, monsieur ; la voilà : c’est la même chose, je la représente.
Soit, j’en serai même plus libre à vous dire mes sentiments, et vous me paraissez fille d’esprit.
Vous avez l’air de vous y connaître trop bien pour que j’en appelle.
Venons à ce qui m’amène ; mon père, que je ne