Page:Maupassant - Le Rosier de Madame Husson.djvu/63

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Je souriais d’un air malin :

– Parbleu. Il n’y a que les petites bourgeoises qui mènent une vie plate et monotone par respect de la vertu, d’une vertu dont personne ne leur sait gré…

Et je me mis à saper la vertu à grands coups d’ironie, à grands coups de philosophie, à grands coups de blague. Je me moquai avec désinvolture, des pauvres bêtes qui se laissent vieillir sans avoir rien connu de bon, de doux, de tendre ou de galant, sans avoir jamais savouré le délicieux plaisir des baisers dérobés, profonds, ardents, et cela parce qu’elles ont épousé une bonne cruche de mari dont la réserve conjugale les laisse aller jusqu’à la mort dans l’ignorance de toute sensualité raffinée et de tout sentiment élégant.

Puis, je citai encore des anecdotes, des anecdotes de cabinets particuliers, des intrigues que j’affirmais connues de l’univers entier. Et, comme refrain, c’était toujours l’éloge discret, secret, de l’amour brusque et caché, de la sensation volée