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UNE MAISON MYSTÉRIEUSE

mais le don de l’Esprit de la caverne me tirait pour un temps d’un grand embarras.

Lorsque Halef s’éveilla, je lui fis part de ma découverte. Il s’en réjouit d’autant plus, que je lui promis de l’accompagner bientôt au campement des Haddedin. Les bank-notes me donnaient le moyen d’entreprendre le voyage, et je tenais non seulement à ramener mon dévoué serviteur parmi les siens, mais encore à délivrer les deux domestiques de Lindsay, qui étaient restés là-bas. Il me semblait avoir reçu à cet égard une sorte de legs implicite du malheureux Anglais ; je me regardais comme moralement obligé à le recueillir.

Après nous être reposés, rétablis et habillés de neuf à Bagdad, nous partîmes à la recherche du camp des nomades, laissant les indications nécessaires pour l’envoi de mon courrier. Nous nous dirigeâmes vers Tekrit, en passant par Samara ; puis nous prîmes par l’ouest jusqu’au Thathar, dans le but d’éviter la tribu qui m’avait si mal accueilli naguère, près de la vallée des Degrés.

Arrivés aux ruines célèbres d’El-Hather, deux hommes qui s’y reposaient nous apprirent que les Chammar étaient partis pour leurs pâturages du sud —est, près d’El-Deïr, sur la rive de l’Euphrate. Ils espéraient y être à l’abri des poursuites du gouverneur de Mossoul, qui les menaçait toujours. Nous nous dirigeâmes aussitôt vers ce lieu, que nous atteignîmes sans incident notable.

Notre apparition au milieu de la tribu excita des cris de joie et des larmes. Amad el Ghandour n’était pas rentré au camp. Les Chammar ignoraient les événements survenus ; ils espéraient encore revoir leurs chefs, malgré l’inquiétude que leur causait cette longue absence.

La nouvelle de la mort de Mohammed Emin fut