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UNE MAISON MYSTÉRIEUSE

mon fidèle Halef devenait aussitôt une des autorités du camp, et je voyais s’ouvrir devant lui la voie des honneurs.

Nous visitâmes avec Halef tous les lieux qui, pour moi, ravivaient quelques souvenirs de mon précédent séjour. Le soir, je m’asseyais devant la tente et racontais nos aventures aux nomades, lesquels ne se lassent point d’écouter un narrateur. Halef ne manquait jamais de prendre la parole aux bons endroits, pour faire remarquer que je marchais constamment sous sa protection, et que sa valeur m’avait été d’un grand secours pendant le voyage.

Je m’occupai des deux Irlandais dès que je fus un peu reposé. Ces hommes étaient devenus à demi sauvages. Ils comprenaient assez les Arabes pour vivre aisément au milieu d’eux, et faisaient du reste très bon ménage avec les fils du désert. Cependant ils désiraient beaucoup quitter les tentes.

Ils me prièrent de les prendre avec moi afin de les rapatrier. Ils se montrèrent fort reconnaissants quand je leur dis que j’avais entrepris un si long voyage en partie à cause d’eux.

Mon intention était de visiter la Palestine et de revenir par mer à Constantinople ; mais je voulais revoir Damas. Afin d’éviter toute rencontre désagréable du côté de Mossoul, il me sembla prudent de prendre au sud d’El-Deïr pour m’embarquer sur l’Euphrate, puis traverser ensuite les montagnes du Hauran, par la route desquelles j’arriverais à Damas.

Seulement il me fallut attendre un certain temps avant de mettre mon projet à exécution. Les Haddedîn me retenaient toujours ; d’ailleurs, comme Halef insistait pour