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^6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

et, je le confesse, j'en suis très heureux; j'ai passé très agréablement mon temps.

KoTCHKARiov. — Maîs songe un peu. Comment arri- verons-nous à tout faire ? Tu dois, dans une heure, aller te marier à l'église.

PoDKOLiÈssiNE. — Quc dis-tu ! Tu es fou ! Me marier aujourd'hui !

KoTCHKARiov. — Ne m'as-tu pas donné ta parole que quand les autres prétendants seraient débusqués, tu serais prêt à te marier immédiatement ?

PoDKOLiÈssiNE. — Je ne retire pas ma parole, mais que ce ne soit pas immédiatement. Il me faut au moins un mois pour me retourner.

KoTCHKARiov. — Uu mois !

PODKOLIÈSSINE. — Certainement.

KoTCHKARiov. — Tu perds la tête, sans doute ?

PODKOLIÈSSINE. — Il mc faut un mois,

KoTCHKARiov. — Mais, espèce de bûche, j'ai déjà com- mandé le souper au maître d'hôtel. Ecoute, Ivane Kouz- mitch, ne tlentête pas, mon chéri : marie-toi immédiate- ment.

PoDKOLiÈssiNE. — Aie pitié de moi, mon petit. Com- ment me marier immédiatement ?

KoTCHKARiov. — Ivaue Kouzmitch, je t'en prie. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le du moins pour moi.

PODKOLIÈSSINE. — En vérité, je ne puis.

KoTCHKARiov. — Tu le peux, ami. Tout est possible. Je t'en prie, mon petit, ne fais pas le capricieux.

PODKOLIÈSSINE. — Par ma foi non ! C'est gênant, com- prends-tu, absolument gênant,

KOTCHKARIOV. — Qu'en sais-tu ? Réfléchis ! Tu es un homme de sens ; je ne te dis pas cela pour te flatter, ni parce que tu es chef de division, mais, uniquement, par amour pour toi. Assez résisté, mon vieux. Décide-toi. Re- garde la chose en homme raisonnable.

PODKOLIÈSSINE. — Oui, si c'était possible, je...

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