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LE CAMARADE INFIDELE 573
opposer à son désir... c'est en ce qui touche l'éducation de vos fils.
Elle le regarde avec étonnement. Est-ce pour lui mar- quer qu'il abuse ? Non, car c'est plutôt d'un ton décou- ragé qu'elle lui répond :
— Je vous ai déjà dit... pourquoi je ne suis pas libre... Et comme elle voit son front se durcir :
— Je vous promets que j'y réfléchirai... Mais ne soyez pas impatient... Je suis franche avec vous... Si j'ai plus de ■confiance en moi que par le passé, c'est à vous que je le dois... Je ne vous en remercie même pas, car cela dépasse ce dont on peut s'acquitter par des paroles... Vous voyez que je me rends presque à discrétion... Mais ne me deman- dez pas tout de suite la désobéissance à une volonté for- melle...
Il la voit battre plus vite des paupières. Elle ajoute, encore plus anxieuse :
— Ai-je dit quelque chose... qui ne soit pas raison- nable ? Vous semblez...
— Pardonnez-moi, répond-il ; c'est un vieux travers. J'ai toujours, après coup, peur d'avoir mal fait en pesant sur la détermination d'autrui.
Elle retrouve un peu de son enjouement :
— Même lorsqu'il s'agit de l'éducation des garçons ? Il rit à son tour :
— Je suis cercain, n'est-ce pas, de trouver Antoine sur la plage ? J'aurai juste le temps d'y passer avant de prendre mon train.
Mais quand il entend que le général de Pontaubault vient ■d'emmener sur mer ses petits-neveux et qu'ils ne rentreront ■qu'après dîner, il ne comprend pas lui-même d'où vient la vivacité de sa déception.
— Antoine va croire que je n'ai pas pensé à lui... Expli- quez-lui bien... Dites que j'irai le voir à Paris.
Mais il sent que c'est à la mère qu'il aurait dû d'abord exprimer le désir d'une nouvelle rencontre. L'absurdité de
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