Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/239

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LES DEUX NOTAIRES.


Hé ! bonjour, maître Robin.
— Collègue, ouvrez-moi la porte ;
C’est un contrat que j’apporte
À parapher, ce matin.
La cliente est fort gentille ;
Vous savez que c’est la fille
De monsieur André Bontemps ;
Elle a bientôt dix-huit ans.
Ah ! maître Lebègue,
Mon très-cher collègue,
Vous souvenez-vous du temps
Où nous avions dix-huit ans ?
Nous etions de gais compères,
Et nous n’étions pas,
Hélas !
Et nous n’étions pas
Notaires !

Que nous étions beaux à voir
Au sein de la capitale !
Comme feu Sardanapale,
Nous festinions chaque soir.
On disait : « Voilà des princes
Oui sortent de leurs provinces…
— Nous disons que le futur
Se nomme monsieur Arthur…
— Ah ! maître Lebègue,
Mon très-cher collègue,