Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/327

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Le souffle glacé de la bise
Éteint le feu de leurs amours.
La dame est toujours très-bien mise,
Le monsieur pleurniche toujours.
« Adieu y ma belle ! — Adieu, mon maître ! »
Ils quittent tous deux le château ;
Le concierge y met l’écriteau.
Demain, ils se tûront peut-être !
Ma pauvre Margot,
N’en crois pas un mot :
Les amoureux tiennent à vivre,
Ma pauvre Margot,
Aimons-nous, et fermons ce livre ;
N’en crois pas un mot.




LE NID ABANDONNÉ.


Dans un jardin du voisinage
Deux merles avaient fait leur nid ;
Trois œufs furent le témoignage
Du doux serment qui les unit.

Je les ai vus sous ma fenêtre,
De la pointe à la fin du jour,
Couver, trois semaines peut-être,
L’espoir tardif de leur amour.

Les petits ont vu la lumière ;
J’entends leurs cris ; il faut nourrir
Cette jeunesse printanière
Qu’on craint toujours de voir mourir.