Page:Nerciat - Félicia.djvu/42

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s’écrièrent tour à tour Lambert et Sylvino. Ah ! parbleu ! vous me le paierez, disait celui-ci. Il a déjà tant soit peu l’honneur de me connaître, disait l’autre. Puis il raconta comment il avait surpris un jour le drôle usant de violence, et comment, à la prière de Sylvina, il l’avait mis à la porte avec deux soufflets. (C’était ainsi qu’il convenait d’exposer le fait.) Le mari loua fort cette conduite : vous verrez, dit-il, que c’est pour se venger de cette disgrâce que le cagot essaie aujourd’hui de vous calomnier ! — C’est cela, mon cher. — Ah ! le coquin ! le malheureux ! — Voilà bien les prêtres ! Chacun disait son mot. Ensuite il fut décidé d’une voix unanime que le scélérat devait être puni de sa double trahison, sévèrement et sans délai.




CHAPITRE XI


Conjuration.


Il me vient une bonne idée, dit Sylvino. Je tiens le Béatin, sur ma parole ; écoutez, mes amis. Si ma femme lui écrivait que je suis furieux, que je viens de la traiter en époux sûr de son déshonneur ; qu’elle ne peut soupçonner de l’avoir compromise ce brutal de Lambert, ce garnement sans respect pour les ministres de la sainte religion ; que quoique lui, directeur, se soit montré par trop fragile ; qu’il soit la cause directe de tout ce qui vient de se passer et qu’à cet égard elle ait lieu de lui vouloir du mal, elle ne l’a cependant point oublié ; qu’elle ne peut plus vivre sans le voir, qu’elle craint de nouveaux tours de la part du donneur de soufflets ; que dans l’embarras extrême où elle se trouve, elle n’a que le prudent et consolant Béatin pour