Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra.djvu/449

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Venez! Venez! Allons! maintenant il est l’heure: allons dans la nuit!

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*           *


3.

O hommes supérieurs, il est près de minuit: je veux donc vous dire quelque chose à l’oreille, quelque chose que cette vieille cloche m’a dit à l’oreille, - avec autant de secret, d’épouvante et de cordialité, qu’a mis à m’en parler cette vieille cloche de minuit qui a plus vécus qu’un seul homme: - qui compta déjà les battements douloureux des coeurs de vos pères - hélas! hélas! comme elle soupire! comme elle rit en rêve! la vieille heure de minuit, profonde, profonde!

Silence ! Silence ! On entend bien des choses qui n’osent pas se dire de jour; mais maintenant que l’air est pur, que le bruit de vos coeurs s’est tu, lui aussi, - maintenant les choses parlent et s’entendent, maintenant elles glissent dans les âmes nocturnes dont les veilles se prolongent: hélas! hélas! comme elle soupire! comme elle rit en rêve! - n’entends-tu pas comme elle te parle à toi secrètement, avec épouvante et cordialité, la vieille heure de minuit, profonde, profonde!

O homme, prends garde!

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*           *


4.

Malheur à moi! Où a passé le temps? Ne suis-je pas tombé dans des puits profonds ? Le monde dort -

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