Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/53

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d’autres temps, il y a eu un autre bien et un autre mal.

Autrefois le doute et l’ambition personnelle étaient des crimes. Alors le malade devenait hérétique et sorcière ; comme hérétique et sorcière il souffrait et voulait faire souffrir.

Mais vous ne voulez pas m’entendre : Ce serait nuisible pour ceux d’entre vous qui sont bons, dites-vous. Mais que m’importe vos hommes bons !

Chez vos hommes bons, il y a bien des choses qui me dégoûtent et ce n’est vraiment pas leur mal. Je voudrais qu’ils aient une folie dont ils périssent comme ce pâle criminel !

Vraiment, je voudrais que cette folie s’appelât vérité, ou fidélité, ou justice : mais leur vertu consiste à vivre longtemps dans un misérable contentement de soi.

Je suis un garde-fou au bord du fleuve : que celui qui peut me saisir me saisisse ! Je ne suis pas votre béquille. —

Ainsi parlait Zarathoustra.



LIRE ET ÉCRIRE


De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang. Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit.