Page:Picabia - Jésus-Christ rastaquouère.djvu/10

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée




ENTR’ACTE D’UNE
MINUTE



J’ai fait un voyage sur le plus beau bateau qui ait jamais été construit ; particularité étrange, à bord de ce transatlantique, passagers et hommes d’équipage était à cheval !

Le capitaine, cavalier émérite, montait un pur-sang de courses, il portait un costume de chasse et sonnait du cor pour diriger la manœuvre, quant à moi, ayant horreur de l’équitation, j’avais pû obtenir de passer mes journées sur le cheval de bois de la salle de gymnastique. Nous débarquâmes sur une terre nouvelle ou les chevaux étaient inconnus ; les indigènes prirentpour un animal à deux têtes les passagers montés de notre navire, ils n’osèrent s’en approcher en proie à la terreur ; moi seul, reconnu semblable à ces êtres primitifs, je fus fait prisonnier par eux. C’est de la prison ou l’on m’enferma