Page:Pierquin - Le Poème anglo-saxon de Beowulf.djvu/46

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îles solitaires de l’Elbe. Un vent du nord-est les portait presque sans effort, d’Heligoland, ou de Sit et Romsey, vers la côte de Norfolk. Il y a donc quelque probabilité pour que des corps de tribus plus ou moins nombreux des côtes germaines, aient colonisé les régions du sud de l’Angleterre, bien avant la date qui est généralement assignée à leur établissement. Les exigences mêmes du service militaire avaient rendu l’île familière aux nations du continent : les Bataves, avec leurs propres chefs indigènes, et une autonomie véritable, avaient joui en Bretagne, d’une partie du territoire romain[1]. Marc Antonin, par esprit politique, à l’issue de la guerre des Marcomans, avait établi en Bretagne, des multitudes de Germains, pour servir, et d’instruments de la puissance romaine, et d’otages pour les hommes de leur race, sur les frontières de l’empire[2]. Cette confédération puissante dut laisser en Angleterre des traces durables, et il n’est pas impossible que Carausius, levant en Bretagne, l’an 287, l’étendard de la révolte, ait compté et sur l’assistance des Germains du pays, et sur celles de leurs frères et alliés du continent[3]. Dix-neuf ans plus tard, la mort de

  1. A. D. 69 : « Diu germanicis bellis exerciti ; mox aucta per Britanniam gloria, transmissis illuc cohortibus, quas vero instituto, nobilissimi popularium regebant. » Tacit., Hist, IV, 12.
  2. Zosimus (Hist. Nov.) I, 68) : . Procope va jusqu’à faire parler Bélisaire de Goths établis en Bretagne (Bell. Got., II, 6).
  3. « Omnes enim illos, ut audio, campos atque colles non nisi teterrimorum hostium corpora fusa texerunt. Illa barbara aut imitatione barbariæ olim cultu vestis, et prolixo crine rutilantia, tune vero pulvere et cruore fœdata, et in diversos situs tracta, sicuti dolorem vulnerum fuerant secuta, iacuerunt ... Enimvero, Caesar invicte, tanto deorum immortalium tibi est addicta consensu omnium quidem quos adortus fueris hostium, sed præcipue internecio Francorum, ut illi quoque milites vestriqui per errorem nebulosi, ut paullo ante dixi, maris abiuncti ad oppi, dum Londiniense pervenerunt, quidquid ex mercenaria illa multitudine barbarorum prælio superfuerat, cum direpta civitate, fugam capessere cogitarent, passim tola urbe confecerint ». Eumen, Paneg. Const., cap. XVIII, XIX.