Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome I.djvu/29

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NOTICE




I
AUTHENTICITÉ ET DATE

L’Hippias mineur, dont l’authenticité est attestée par un témoignage d’Aristote[1], porte nettement la marque de l’esprit de Platon et de son style. On y retrouve son ironie, sa raillerie malicieuse, son enjouement, sa souplesse, sa subtilité dialectique. La thèse que Socrate y soutient paraît, il est vrai, extrêmement étrange et même paradoxale. Nous nous l’expliquerons mieux dans un instant. Ce paradoxe, comme on le verra, doit être imputé à une témérité de jeunesse de l’auteur. Il est conforme d’ailleurs à une tendance naturelle qui a persisté chez lui et qui se manifeste dans quelques-unes des œuvres de sa pleine maturité. Platon a toujours trouvé un certain plaisir à pousser ses idées à l’extrême, à étonner ses lecteurs. Entre deux démonstrations possibles d’une des doctrines fondamentales de Socrate, il a choisi dans ce dialogue celle qui répondait le mieux à cet instinct.

Cette manière provocante est toutefois un premier indice, qui permet de le rapporter à la période des débuts de l’auteur. Celui-ci s’y révèle d’ailleurs disciple zélé, plein de foi en la parole du maître, ardent à combattre pour le dogme qu’il accepte sans réserve. Rien encore de vraiment personnel quant aux idées. La forme confirme cette impression. Un simple entre-

  1. Arist. Métaph. IV 29 Bekker.