Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome I.djvu/86

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


crainte que sa nature ambitieuse ne lui permette pas d’écliapper aux séductions de la puissance.

Il est manifeste que cette dernière partie contient l’idée essentielle du dialogue. Elle est le terme auquel tout vient aboutir ; et c’est elle qui en fait l’unité intime. Mais on voit bien, d’autre part, que celte longue préparation, qui a eu pour effet de la dégager peu à peu, a servi aussi à critiquer les ignorances, les préjugés, les mauvaises raisons qui empêchent la plupart des hommes de la découvrir. Platon a pris un plaisir visible à cetle critique, où son esprit satirique trouvait matière à s’exercer. De là résulte d’abord que le lecteur ne voit pas très bien, au cours de la route, où l’auteur veut le conduire, ce qui est en somme un inconvénient ; et aussi que cette idée essentielle, rejetée dans la conclusion, n’est peut-être pas suffisamment éclaircie. Elle est plutôt indiquée que vraiment étudiée et approfondie. Platon devait la reprendre plus tard et lui donner une tout autre valeur ; probablement après qu’en la méditant, il eût mieux compris lui-même tout ce qu’elle contenait.


III


INFLUENCE DE L’ALCIBIADE


Quoi qu’il en soit, l'Alcibiade, malgré ses défauts, avait assez de mérites pour faire impression sur ses lecteurs. Il est vraisemblable qu’il fut vivement goûté dans le cercle socratique d’abord, et, plus tard, en dehors même de ce cercle. Il devint ainsi le type des entretiens fictifs entre Socrate et Alcibiade ; Antisthène, Eschine de Sphettos, Xénophon s’en inspirèrent probablement dans les divers dialogues composés par eux où figurent ces deux personnages. Et, après eux, tandis que les œuvres des deux premiers cessaient d’être lues, il demeura comme un sujet d’études toujours recommandé dans l’Académie et jusque chez les Néoplatoniciens. L’Alcibiade a été commenté par Proclos et par Olympiodore1 ;

i. Procli diadoehi et Olympiodori in Plalcnii Alcibiadem eom-