Page:Poe - Derniers Contes.djvu/27

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freignit brusquement, en cassant la tête à son confesseur. Quoi qu’il en soit, Schéhérazade, qui, descendant d’Ève en droite ligne, avait hérité peut-être des sept paniers de bavardage que cette dernière, comme personne ne l’ignore, ramassa sous les arbres du jardin d’Éden, Schéhérazade, dis-je, finit par triompher, et l’impôt sur la beauté fut aboli.

Or cette conclusion (celle de l’histoire traditionnelle) est, sans doute, fort convenable et fort plaisante : mais, hélas ! comme la plupart des choses plaisantes, plus plaisante que vraie ; et c’est à l’Isitsoornot que je dois de pouvoir corriger cette erreur. « Le mieux », dit un Proverbe français, « est l’ennemi du bien » ; et en rappelant que Schéhérazade avait hérité des sept paniers de bavardage, j’aurais dû ajouter qu’elle sut si bien les faire valoir, qu’ils montèrent bientôt à soixante-dix-sept.

« Ma chère sœur, » dit-elle à la mille et deuxième nuit, (je cite ici littéralement le texte de l’Isitsoornot) « ma chère sœur, maintenant qu’il n’est plus question de ce petit inconvénient de la strangulation, et que cet odieux impôt est si heureusement