Page:Poe - Derniers Contes.djvu/41

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milieu des rues formées de tours, de pyramides et de temples, coulaient d’immenses rivières aussi noires que l’ébène, et ou pullulaient des poissons sans yeux[1]. »

« Hum ! » fit le roi.

« Nous parvînmes ensuite à une région où nous trouvâmes une autre montagne ; au bas de ses flancs coulaient des torrents de métal fondu, dont quelques-uns avaient douze milles de large et soixante milles de long[2] ; d’un abîme creusé au sommet sortait une si énorme quantité de cendres que le soleil en était entièrement éclipsé et qu’il régnait une obscurité plus profonde que la nuit la plus épaisse, si bien que même à une distance de cent cinquante milles de la montagne, il nous était impossible de distinguer l’objet le plus blanc, quelque rapproché qu’il fût de nos yeux[3].

  1. La caverne Mammoth du Kentucky.
  2. En Islande, 1783
  3. « Pendant l’éruption de l’Hécla en 1766, des nuages de cendres produisirent une telle obscurité, qu’à Glaumba, à plus de cinquante lieues de la montagne, on ne pouvait trouver son chemin qu’à tâtons. Lors de l’éruption du Vésuve en 1794, à Caserta, à quatre lieues de distance, il fallut recourir à la lumière des torches. Le 1er mai 1812, un nuage de cendres de sable, venant d’un volcan de l’île Saint--