Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/169

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LE GIGOT


À Jean Loup Richepin.


Quand le gigot paraît au milieu de la table,
Fleurant l’ail, et couché sur un lit respectable
De joyeux haricots,
L’on se sent beaucoup mieux, un charme vous pénètre,
Tout un chacun voyant son appétit renaître,
Aiguise ses chicots.

On avait bien mangé mille riens-d’œuvre et autre
Mais… quel sera le rôt ?… songeait le bon apôtre
De convive anxieux.
Bravo ! c’est un gigot ! Une servante brave
Vient d’entrer, dans ses bras portant, robuste et grave,
Ce fardeau précieux.