Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/51

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LES DEUX TROTTOIRS


À Gustave Babin.
Les marchands de vins songent à se mettre en grève, M. Cochery parlant d’augmenter leurs impôts.


Depuis qu’à travers la Grand’Ville
Je vais musant et badaudant,
Y semant mon cheveu, ma dent,
Ainsi que ma liste civile ;

Je m’étais toujours demandé
Pourquoi tel trottoir d’une rue
Voit se presser la foule drue,
Tandis l’autre est moins fréquenté ?

Vous l’avez comme moi, sans doute,
Mainte et mainte fois remarqué ;
L’un est nombreux, animé, gai,
L’autre est morne comme une route.