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CORRESPONDANCE DE BUSSY-RABUTIN.

moi, la reconnoissance de l’amitié, qu’il m’a toujours témoignée, et le mérite, que j’aime et que j’estime partout où je le rencontre, m’attachent fortement à lui. Pour vous, ma chère cousine, qui m’assurez que vous ne pouvez jamais cesser de m’aimer, vous m’obligez infiniment par cette assurance.

Je ne connois pas Larré ; on dit qu’il a du mérite à la guerre. Son père [Lenet], avec qui nous avons tant ri, avoit de l’esprit, point de jugement ni de probité ; il étoit né sans biens, il en avoit volé à Bordeaux, en servant feu M. le Prince ; il en mangea une partie et M. le Prince lui reprit l’autre.

Adieu, ma chère cousine ; mon bel esprit pardonne aisément votre lettre, toute terre à terre que vous la croyiez.

2688. — Bussy à l’abbé de Choisy,

A Coligny, ce 10 août 1691.

M. de Catinat avec trente mille hommes empêchera M. de Savoie de profiter du secours des Allemands. Je ne crois pas qu’il se passe d’action en ce pays-là cette campagne. J’ai reçu des nouvelles du marquis de Bussy qui est dans l’armée d’Allemagne. Il m’écrit d’Offembach, que tous les Allemands ont passé le Rhin avec l’électeur de Saxe et Caprara. Ils ont quarante mille hommes, et nous en aurons bientôt autant par dix bataillons qu’on a tirés des garnisons. Je croirois un combat en ce pays —là plutôt qu’en Flandre. Le prince d’Orange ne hasardera pas sa fortune dans la perte d’une bataille. Je regrette fort Jeannin, il étoit mon voisin et mon ami. Sa petite-fille sera un des plus grands partis de France. Je suis ravi des bons succès du comte d’Estrées ; son père est mon ami et mon allié. Le bombardement de Barcelone ne fera tort qu’aux