Page:Racine Théâtre Barbou 1760 tome3.djvu/299
DIVERSES. 191
de la foi de nos pères : aufli ne falloit-îl pas que , l'état vous devant déjà fon falui & fa gloire , l'Eglife duc à un autre qu'à vous fa vidoire Se fon triomphe : fans cela votre règne , que le ciel a voulu qu'il fuc un règne de merveilles., auroit manqué de fon plus bel ornement. On auroit bien dit un jour de V o t rb Majesté ce que récriture dit de plufîeurs grands rois de Juda : Il a terralle tc3 ennemis, & relevé la monarchie 5 il a autorifé & réformé les loix ; il a fait régner la juilice : mais on auioif. ajouté ce que le Saint-Efpric reproche à ces princes : Il n'a pas aboli les facrinces qui fe faifoient fur la montagne.
Que votre nom , Sire, fera éloigné de ce reproche ! Ce que votre zélé a déjà fait , ia pofléricé le regardera toujours comme la fource de vos profpérités & le comble de votre gloire.
Mais ce n'eft pas au rétablifTement des temples & des autels que fe borne votre zélé : vous avez entre- pris de faire revivre la piété & les bonnes mœurs ; & c'eft à quoi Votre Majesté travaille avec fuccès , autant par fon exemple que par fes ordres. C'eil un honneur raamtenant de pratiquer la vertu ; ÔC li le vice n'ell pas tout-à-fait détruit , au moins ell- il réduit à fe cacher ; èc les voiles dont il le couvre épargnent aux gens de bien un f.ich:;ux fcandale , ÔC faavent les âmes foibles du péril d'une contagion fu- neftc.
Ne penfons plus à ces jours de ténèbres , où la plupart de ceux qui étoient encore dans le fein de l'E- glife , fcmbloienc n'y être demeurés que pour l'outra' ger de plus près ; où les blafphêmes & les railleries de ce qu'il y a de plus faint , éclato ent avec audace : ces monftres d'infidélité ont difparu ious votre règne heureux ^ &: fi les remontrances tant de fois réité:ées fur ce fujet ne nous donnoient coimoififance de ce dé- fordre , nous l'ignorerions à jamais.
Qu'eft devenu cet autre monftre produit par l'ef- pric de vengeance, toujours altéré du fang des hom-
Nij
�� �