Page:Ramayana, trad. Roussel, tome 1.djvu/17

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12. Elle était privée de son époux, de ce Deux-fois-né, son compagnon, au corps couvert de plumes jaunes, de son tendre conjoint.

13. À l’aspect d’un tel Deux-fois-né abattu par le Nishâda, le vertueux Rǐshi se sentit ému de pitié.

14. Pénétré de compassion : — C’est une iniquité, — dit le Deux-fois-né ; et entendant les plaintes de la femelle du Kraunca, il ajouta :

15. Puisses-tu, ô Nishâda, demeurer sans foyer durant toute l’éternité, toi qui as tué un Kraunca, pendant qu’il se livrait à l’amour.

16. À peine ces paroles lâchées, une pensée lui vint dans le cœur en y réfléchissant : Dans mon affliction au sujet de cet oiseau, qu’ai-je dit ?

17. Le grand sage, à l’esprit posé, fit cette observation. Le taureau des ascètes parla ainsi à son disciple :

18. Cette parole, liée par des Pâdas aux syllabes symétriques, accompagnée d’instruments à corde et cadencée, puisque je l’ai proférée dans mon affliction (Çloka), que ce soit un Çloka, pas autre chose.

19. Le disciple recueillit cette parole excellente du Muni ; il s’en réjouit avec l’ascète, lui (aussi) plein de joie.

20. (Celui-ci) fit alors ses ablutions dans le Tîrtha, suivant les rites. Tout en réfléchissant au sens (de ses paroles), il s’en retourna.

21. Bharadvâja, disciple humble et soumis à son maître, prenant un vase rempli (d’eau), suivait par derrière.

22. Le sage entra dans son ermitage avec son disciple. Il s’assit et parla de choses diverses, tout absorbé dans ses pensées.

23. À ce moment, Brahmâ, le créateur des mondes, qui tire de lui-même sa souveraineté, dieu aux quatre visages, à la gloire immense, vint visiter le taureau des Munis.

24. Vâlmîki à son aspect se leva aussitôt, muet (d’étonnement), faisant l’Anjali et se tenant incliné profondément, stupéfait.

25. Il offrit à ce dieu par honneur l’eau (destinée) à laver les pieds, l’Arghya, un siège et (lui adressa) des paroles de bienvenue. Puis (toujours) incliné devant le Bienheureux, suivant la coutume, il l’interrogea sur sa santé.

26. Bhagavat, s’étant assis sur un divan merveilleusement orné, fit signe au Rǐshi Vâlmîki de s’asseoir aussi.

27. L’ascète obéit à Brahmâ. À peine l’Aïeul des mondes était-il assis,

28. Que Vâlmîki, l’esprit distrait, s’absorba dans ses pensées : C’est un crime qu’il a commis, ce méchant dont l’âme n’est accessible qu’à la haine,