Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/249

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Les médecins, en effet, ne voient dans la situation présente qu’un assoupissement naturel de la maladie, non plus sur un seul point, comme dans les années précédentes, non plus sur les confins de l’Asie mais dans un nombre incalculable de foyers, dans le centre, au sud, à l’ouest de l’empire, en sorte qu’il suffira désormais d’une réunion de circonstances favorables à son développement pour occasionner une irruption générale dans tout l’occident de l’Europe.

D’après leur opinion, on peut donc regarder la position sanitaire de la Russie et des états limitrophes, comme éminemment critique et appelant les plus sérieuses méditations. Il suffit, pour s’en convaincre, d’énumérer les conditions probables d’une extension rapide du mal, d’apprécier l’ensemble effrayant qu’elles offriront au retour du printemps prochain, lorsque les causes naturelles viendront se combiner avec celles qu’offrent déjà les circonstances particulières du moment actuel.

D’une part, nous voyons la maladie disséminée depuis les rives de la mer Caspienne et de la mer Noire jusqu’aux bords de l’Oka et aux frontières de la Pologne, tandis que la prévoyance de l’administration impériale, au lieu de doubler les moyens de préservation, est subitement absorbée par d’autres sollicitudes.

De l’autre, la marche des troupes, le transport des subsistances et du matériel, le mouvement occasionné par la concentration sur un seul point d’une armée de deux cent mille hommes, rendent nécessaires un contact et des communications qui ne permettent plus de régulariser le service sanitaire. On a donc presque partout supprimé les quarantaines. Déjà plusieurs localités, parmi lesquelles on cite la ville de Toula, ont senti les effets de cette mesure intempestive, et sont aujourd’hui envahies par la contagion. Cependant la saison actuelle est bien moins favorable au développement du choléra-morbus, que ne le sera le printemps qui va commencer.

C’est alors que pourront se réunir tous les élémens d’un