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teuses ou coupables du rôle humain. Ils condamnent sans les entendre Aristophane et Lucien ; ils ne font pas grâce aux hardiesses de Pétrone. Ils citent les joyeusetés de Rabelais aux assises de leur impassible raison, et mettent hors la loi Pantagruel et Panurge.

Pour nous, qui voyons l’art de plus haut, à qui l’intime et familière société des poètes, des statuaires et des peintres, a révélé depuis long-temps la véritable destination de l’imagination sous toutes ses formes, nous ne laisserons jamais échapper l’occasion de nier de toutes nos forces le caractère dogmatique et didactique auquel on voudrait la contraindre. L’art est par lui-même une forme complète, indépendante de la pensée ; s’il emprunte à la réalité ou à l’histoire, à la vérité ou à la philosophie, des idées qui ne sont pas de son domaine immédiat, c’est pour se les assimiler, pour les faire siennes, c’est parce que la beauté, attribut exclusif de l’objet qu’elle se propose, ne peut se dégager absolument des autres élémens de la pensée.

C’est pourquoi, en ramenant l’attention sur les deux livres de M. G. Sand, nous croyons devoir subordonner la question sociale à la question littéraire. Ce n’est pas notre faute si des esprits distingués, préoccupés de controverses religieuses, ont vu, dans ces deux récits, écrits avec une simplicité si rare de nos jours, l’occasion de discuter et de défendre la discipline ecclésiastique du mariage. Nous respectons leurs convictions, parce qu’elles sont sérieuses et sincères ; mais nous ne croyons pas qu’il faille estimer la valeur d’un roman d’après sa conformité avec le dogme et la liturgie chrétiennes.

Indiana et Valentine sont deux fables différentes pour le lecteur qui ne voit dans un livre que l’intérêt et le plaisir des incidens, la complication et le jeu des ressorts, et le dénoûment clair et décisif de l’action qu’il a suivie. Ces différences très-réelles, et dont il faut tenir compte au poète pour l’en féliciter, s’évanouissent au jour de la conscience, au regard de la réflexion. Derrière ces deux fables on retrouve une même et commune idée, qu’elles traduisent et développent chacune à leur manière ; cette idée, c’est l’adultère.

Or, aux yeux de la loi, l’adultère est une faute ; aux yeux de la