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LE
DRAME DU VÉSUVE


I.
L’ANCIENNE CAMPANIE ET LE VÉSUVE PRIMITIF.
I.

Il n’est plus permis aujourd’hui de décrire le golfe de Naples ; ceux qui ne l’ont pas vu le connaissent, tant ils l’ont entendu célébrer. Le ciel et la mer, la côte et les îles, les plaines fertiles et les montagnes découpées, cette rivière de maisons blanches et de villas peintes en jaune et en rouge, le Vésuve fumant, les barques, les filets tirés sur la plage par les pêcheurs aux jambes nues, les barcarolles et les tarentelles, la gaîté, la mollesse, les lazzaroni étendus au soleil, tout a exercé le pinceau des peintres aussi bien que l’imagination des poètes ; et cependant la désolation a passé jadis sur ce lieu enchanté, la nature et l’homme ont détruit à l’envi l’œuvre du créateur et de la civilisation, les élémens ont bouleversé le sol, les barbares ont accumulé les ruines. Les rivages sont couverts d’un sable noir, la mer a été refoulée, les ports sont comblés, les villes ensevelies sous la cendre, les rochers dorés sont enveloppés de lave et de scories ; un deuil ineffaçable s’est étendu sur une partie du golfe ; le Vésuve, riant jadis et cultivé, est devenu sombre et comme une perpétuelle menace. Tout est décadence, depuis Baïa et Misène jusqu’à Pompéi et Stabies. Des évé-