Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/851

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


II. Quatre ans de règne [1]


VI

Nous avons laissé le premier roi de Hollande s’acheminant avec sa famille vers le royaume que la politique de son frère lui avait érigé. La volonté nationale n’avait point du tout été consultée. Avec une effronterie étourdissante, on avait présenté à la France et à l’Europe comme « les représentans du peuple batave venus pour offrir en son nom la couronne au prince Louis Bonaparte » les membres d’une commission envoyée tout exprès par le gouvernement républicain pour tâcher, s’il était possible, de détourner le coup dont la république était menacée. Les résistances de la grande besogne officieuse, réunie par Schimmelpenninck, avaient été brisées comme du verre par la menace d’une annexion immédiate. Il n’était pas possible de se jouer plus cavalièrement d’un peuple dont la France et ses gouvernans avaient à maintes reprises garanti solennellement l’indépendance. Cependant le prince Louis s’avançait

  1. Voyez la Revue du 1er juin.