Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/339

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l’ouverture de la session 1,400,000 livres sterl. de subsides avaient été votés pour l’armement des côtes, pour des approvisionnemens supplémentaires de la marine, pour l’organisation des milices. M. Gladstone estima donc que les dépenses de 1853 atteindraient le chiffre de 52,200,000 livres sterl., tandis que celles de 1852 avaient été seulement de 50,800,000 livres sterl. Quant au total du revenu, non compris le produit de l’income-tax, qui n’avait été accordé que jusqu’au 1er avril, il devait être de A7,500,000 liv. sterl., c’est-à-dire de 4,700,000 livres sterl. inférieur aux besoins. Par contre, si l’on admettait que l’income-tax fût renouvelé, ce total s’élèverait à 53 millions de liv. sterl., et laisserait dès lors pour les cas imprévus une marge de 800,000 livres sterl. Il fallait prendre cependant un parti sur cet impôt, objet chaque année des controverses les plus vives, examiner s’il était susceptible d’être corrigé d’une façon utile, décider enfin si, oui ou non, il entrerait dans les ressources permanentes de l’état. M. Gladstone aborda résolument cette question dans un exposé qui, non-seulement par la lucidité, la largeur et la variété des vues, mais aussi par l’éloquence, rappelait les meilleurs discours de Pitt.

On a vu que la commission d’enquête nommée sur la proposition de M. Hume s’était séparée sans avoir rien résolu, et nous trouvons dans un excellent livre de sir William Northcote un résumé aussi sensé que spirituel du travail auquel elle s’était livrée. « Il y aurait exagération, dit cet éminent publiciste, à prétendre que l’income-tax a jamais été populaire ; il est cependant nombre de personnes qui ont été favorables et même plus que favorables, sinon à celui établi par Pitt et Robert Peel, du moins à une sorte l’income-tax par excellence existant seulement dans leur cerveau, et qui ont cru simple et facile de substituer cet enfant de leur imagination à l’impôt grossier et défectueux qui, en prenant le nom de leur idole, a jeté sur lui le discrédit. Lorsque les portes du comité furent ouvertes, tous les rêveurs, faiseurs de projet et prétendus économistes qui depuis longtemps déclamaient contre l’ignorance ou l’indolence de sir Robert Peel et de ses successeurs, et annonçaient qu’ils étaient prêts à résoudre le problème devant lequel tous les hommes d’état avaient montré leur impuissance, furent conviés à venir y soumettre et développer leurs plans. La plupart d’entre eux comparurent, et indiquèrent le moyen d’asseoir l’impôt sur les bases qu’ils croyaient les plus équitables ; seulement tous les projets furent reconnus impraticables, et le comité dut se séparer sans avoir rien résolu. Bien plus, quelques-uns de ses membres déclarèrent hautement qu’après avoir cru longtemps eux-mêmes à la possibilité d’un remaniement de la taxe, leur opinion à cet égard était complètement changée, et que l’étude à laquelle ils venaient de se livrer