Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/407

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du 1er septembre, la tentative la plus vigoureuse et la plus soutenue qu’il ait jamais faite pour forcer le blocus. On ne peut lui reprocher de n’avoir pas agi, en cette occasion, avec la plus grande vigueur. Quand M. de Valcourt, officier de la garde mobile, attaché au quartier-général de Metz, accuse dans le Moniteur de Tours du 4 novembre le maréchal Bazaine de n’avoir pas rejoint le 31 août les avant-postes du maréchal Mac-Mahon par une marche de nuit, il oublie que vingt-cinq lieues de distance séparaient les deux armées. Il ne porte pas contre son chef une accusation moins étrange en lui reprochant d’avoir placé les bagages au milieu de la ville et montré par là qu’on ne tentait pas une sortie sérieuse. Où serait donc allé le maréchal Bazaine, si ce jour-là il était sorti de Metz ? Manœuvrant, comme il le fit, du côté opposé à la France, dans la direction de la Prusse rhénane, entre les deux routes de Bouzonville et de Sarrebrück, peut-on sérieusement supposer qu’il se frayait un passage vers l’Allemagne, et tournait le dos à l’armée de secours qu’il attendait ? Il est manifeste au contraire qu’ayant découvert avec beaucoup de sagacité le point le plus faible de l’ennemi, il l’attaquait là où il pouvait lui porter les coups les plus dangereux, et l’obligeait en même temps à concentrer le gros de ses forces sur la rive droite de la Moselle, pendant que Mac-Mahon arriverait par la rive gauche. Si, durant cette bataille qui se prolongea près de deux jours avec un furieux combat de nuit, Mac-Mahon était arrivé, comme le maréchal Bazaine avait lieu de l’espérer, l’armée du Rhin facilitait le passage à l’armée de secours en retenant loin d’elle, du côté opposé de la ville, le principal effort des Prussiens. L’opinion que M. de Valcourt prête aux officiers allemands sur la mollesse du maréchal Bazaine en cette circonstance est en contradiction formelle avec tous les rapports qui ont été publiés en Allemagne sur la sanglante bataille de Noisseville. On y fait au contraire le plus bel éloge du courage et de l’opiniâtreté des troupes françaises. Le combat dura trente-six heures, presque sans interruption, avec le plus grand acharnement. La première et la seconde ligne d’investissement furent forcées l’une après l’autre, les quatre villages de Servigny, de Noisseville, de Retonfay et de Flanville emportés à la baïonnette. Les ennemis ne nous en délogèrent qu’après une lutte corps à corps qui leur coûta beaucoup de monde. Ils conviennent eux-mêmes que, si les Français avaient pu sa maintenir à Retonfay, l’armée de siège était coupée en deux, et le blocus rompu.

Le 12, le 22 et le 23 septembre, de nouveaux engagemens nous sont signalés autour de Metz sans qu’aucun détail nous permette d’en apprécier l’importance. En octobre, le sous-préfet de