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II. CAPTIVITE DE BELLE-ISLE. — VACANCE DE L’EMPIRE. — MINISTÈRE DU MARQUIS D’ARGENSON. [1]


Était-ce seulement à une illustre amitié que Belle-Isle, à demi disgracié, tenu à distance et presque en suspicion depuis deux années, devait le retour momentané de la confiance royale ? Je soupçonnerais volontiers qu’un motif de nature plus intime, le souvenir de la conduite chevaleresque qu’il avait tenue envers Mme de Châteauroux et de l’asile qu’il lui avait offert dans son malheur, plaida secrètement en sa faveur, dans l’esprit de Louis XV. Quoi qu’il en soit, travaillé comme il l’était par une infatigable activité d’esprit et par le regret amer d’une grande ambition déçue, Belle-Isle, malgré sa santé défaillante et la rigueur de la saison, ne pouvait manquer d’accepter avec enthousiasme une mission qui lui semblait rouvrir le cours de ses jours de gloire.

  1. Voyez la Revue du 15 avril.