Page:Rolland - Au-dessus de la mêlée.djvu/139

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Oh! comme sonne le nom de la paix à présent! — Il sonne si lointain, si craintif; il sonne si lourd de larmes!...)

L’attitude des jeunes revues est curieuse à observer. Tandis que les revues âgées et consacrées (celles qui correspondent à notre Revue des Deux Mondes ou à notre Revue de Paris) sont toutes plus ou moins touchées par l’ardeur guerrière, — telle la Neue Rundschau, publiant les fameuses divagations de Thomas Mann sur la Kultur et la Civilisation (Gedanken im Kriege), — plusieurs, parmi les jeunes, affectent un détachement hautain des événements actuels.

Les impassibles Blätter fur die Kunst, sur lesquels plane l’invisible personnalité de Stefan George, trouvent moyen de publier, à la fin de 1914, un volume de poésies de 156 pages, sans une ligne ayant trait à la guerre. Et une note, à la fin, affirmant que « l’attitude des auteurs est la même qu’avant les événements », répond par avance « à la remarque que ce n’est pas le moment pour des poésies », parle mot de Jean-Paul : « qu’aucun temps n’a plus besoin des poètes que celui qui croit pouvoir le mieux s’en passer. »

La vibrante, nerveuse, audacieuse revue Die Aktion, de Berlin, dont le point de vue ultra-

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