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LA VIE 69
pour forcer les limites de la voix, soit dans une intention expressive, soit dans une intention concertante. Chez Steffani, comme dit M. Huo-o Goldschmidt S « le chanteur tient la plume ». Son oeuvre est le recueil le plus parfait du chant italien de I'age d'or, et Haendel lui dut son sens tres fin du bel canto. A la verite, les operas de Steffani gagnent pen a cette virtuo- site. lis sont mediocres au point de vue drama- tique, assez peu expressifs, abusent des voca- lises : c'etaient essentiellement des operas pour chanteurs^ Mais ils montrent une curiosite harmonique, et une habilete contrapuntique qui s'oppose a I'ecriture presque homophone de LuUy^ — Le vrai titre de gloire de Stef- fani est dans sa musique vocale de chambre et, par-dessus tout, dans ses Duos'. Ges Duos
I. H. Goldschmidt : Die Lehre von der vokalen Ornamen- tik, t. I, 1907, Charlottenburg.
a. Toutefois, les travaux receuts de M. Hugo Riemann ont montre qu'il y a lieu de distinguer entre les operas de StefTani ecrits pour Hanovre, ou la \irtuosite I'emporte, et les operas primitivement ecrits pour Munich, qui sont d'une grande beaute et ofFrent des modeles d'aria da capo.
3. En revanche, les morceaux symphoniques, et particu- lierement les ouvertures,sont en style lullyste,et ont pu servir de modeles a Haendel. Le style francais regnait dans I'orchestre de Hanovre. Telemann disait : « A Hanovre est le coeur de la science francaise. »
4. Steflani semble avoir ecrit ces duos, comme maitre de musique des dames de la cour; et plusieurs furent faits pour I'electrice de Brandebourg, Sophie-Dorothee. Ces duos furent regardes, dans leur temps, comme des chefs-
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