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elle est soumise à l’ordre de la Providence, et qu’il n’y a que celle du salut, que Dieu nous donne lui-même, qui soit estimable. Cela console et fait qu’on se soumet plus doucement à sa mauvaise fortune. La vie est courte, c’est bientôt fait; le fleuve qui nous entraîne est si rapide, qu’à peine pouvons-nous y paroître. Voilà des moralités de la semaine sainte10, et toutes conformes au chagrin que j’ai toujours quand je vois que tout le monde s’élève; car au travers de toutes mes maximes, je conserve toujours beaucoup de foiblesse humaine. Adieu, mon cher cousin; adieu, mon aimable nièce: aimez-moi toujours, et me mandez de vos nouvelles. Je laisse la plume à Corbinelli.
DE CORBINELLI.
J’Avois l’imagination pleine de l’affaire que vous savez; si vous l’aviez oubliée, c’est celle de ma nièce. Un rayon d’espérance de l’accommoder vient d’éclaircir cette imagination dans ce moment; sans cela je ne vous aurois point écrit aujourd’hui
Viendrez-vous ici ce mois d’avril Ah! que j’en serois aise j’ai cent réflexions à faire sortir de ma tête, qui n’en sortiront jamais qu’en votre présence. Amenez la divine marquise, c’est-à-dire par divine, Madame votre fille, et par marquise, Mme de Coligny. Si elle vient plaider, je lui apprendrai le droit; car je suis résolu de lui apprendre quelque chose, et il n’y a rien que cela" que je sache mieux qu’elle.
10. En 1681, le 3 avril, date de cette lettre, était le jeudi saint. 11. Voyez dans la Correspondance de Bussy, la lettre de Corbinelli du 1er septembre 1680.
12. « Viendrez-vous ici à ce mois d’avril? n (Manuscrit de la Bibliothèque impériale.)
13. « Et il n’y a que cela. » (Ibidem.)
1681