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M. DE TALLEYRAND

la science ; Gérard, la peinture… Royer-Collard devait y représenter l’éloquence politique. Il n’y alla point, mais il disait en plaisantant de l’idée : « Me voilà donc élevé à la dignité d’échantillon ! »

Talleyrand et Royer-Collard affectaient tous deux, dans la manière de s’exprimer, la brièveté concise et la formule : tous deux étaient volontiers sentencieux ; ils avaient le mot qui grave. Mais chez Talleyrand cette formule s’appliquait plus volontiers aux choses, aux situations, et chez Royer-Collard aux personnes. Réunis, ils devaient faire assaut, chacun dans son genre. C’étaient, pour peu qu’on y songe, deux profils des plus originaux et chez qui tout semblait en relief et en opposition : M. Royer-Collard, droit de taille, le front couvert d’une perruque brunâtre, le sourcil