Page:Sainte-Beuve - Poésies 1863.djvu/46

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— Non ; la pourpre et la soie auraient pu me couvrir
Sans prendre à leur réseau ma vanité ravie ;
Par de meilleurs zéphyrs ma jeunesse servie,
Loin d’un soleil pompeux, aurait aimé fleurir.

Il ne m’aurait fallu, sur un coin de la terre,
Qu’un loisir innocent, un chaume solitaire ;
Les trésors de l’étude à côté d’un ami ;

Et, vers l’heure où le jour fuit sous l’ombre naissante,
Une main pour répondre à ma main frémissante,
Un sein où me pencher, les yeux clos à demi.





RÊVERIE

À mon ami V. P. (VICTOR PAVIE.)


Il est soir : la lune s’élance
Sur son trône mystérieux ;
Les astres roulent en silence ;
Comme un lac immobile, immense,
Mon âme réfléchit les cieux.

Dans les ondes de la pensée,
Dans ce beau lac aux sables d’or,
La voûte des cieux balancée

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