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Page:Sand - Nouvelles Lettres d un voyageur.djvu/179

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ses sanctuaires, la plante gonflée de pluie veut boire à l’aise, l’insecte s’est réfugié sous l’épaisse feuillée, le paysage s’est rempli de voiles où la couler pâlit et se noie ; n’est-ce pas le moment d’entreprendre une petite excursion dans le domaine de l’invisible et de l’impalpable ?

Essayons.

Bien que la botanique, qui me préoccupe cette année par son côté philosophique, ne soit pas le sujet direct de cette causerie, c’est elle qui m’y a conduit aussi par de longues rêveries sur l’âme de la plante, et je m’imagine avoir trouvé quelque chose pour ma satisfaction personnelle tout au moins. Cela se résume en quelques mots, mais il m’en faudra davantage pour y arriver ; prends patience.

« Nous avons deux âmes : l’une préposée à l’entretien et à la conservation de la vie physique, l’autre au développement de la vie psychique. La première, involontaire, impersonnelle, qui tombe sous l’examen et l’appréciation de la science physiologique, est, avec plus ou moins d’intensité, identique chez tous les hommes. L’autre, dont l’étude est du ressort des sciences métaphysiques, c’est le moi personnel, l’homme