Page:Savinien Cyrano de Bergerac - La mort d'Agrippine - 1654.djvu/32

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
23
tragedie.

Elle remeine au choq les bandes allarmées,
Caſſe ou nomme à ſon gré les Empereurs d’Armées,
Montre en Caligula ſon Ayeul renaiſſant :
Intimide le foible, achepte le puiſſant,
Emplit ton cabinet de ſes penſionnaires :
Enfin iuſqu’à ta Garde & tes Legionnaires.
Falut-il ſe noircir d’une lâche action,
Sont generalement à ſa devotion.
Elle eſt ambitieuſe, elle te croit coupable,
Crains qu’elle ne corrompe un ſerviteur de table ;
Rarement un grand Roy que l’on peut enuier,
Eſchappe du poiſon donné par l’heritier.


Tibere

Ô Ciel ! ſi tu veux perdre un Empereur de Rome,
Que ſon treſpas au moins ſoit l’ouvrage d’un homme ?


Nerva

Ceſar, pour prévenir ſes deſſeins furieux,
Elle eſt dans ton Palais, qu’on l’égorge à tes yeux ?


Tibere

L’équité nous oblige à plus de retenue,
On ne l’a qu’accusée, & non pas convaincuë.