Page:Savinien Cyrano de Bergerac - La mort d'Agrippine - 1654.djvu/34

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Comment me deſrober au peuple furieux,
Car ſi de ce combat i’emporte la victoire,
Son ſang pour la vanger peut iallir ſur ma gloire,
C’eſt un foudre grondant ſuſpendu preſt à cheoir,
Qu’au deſſus de ma teſte il ne faut pas mouvoir.


Nerva

Non, Seigneur, non, ſa perte eſt & ſeure & facille.


Tibere

Il faut donc l’engager à ſortir de la ville.


Nerva

Elle iroit, la ſuperbe, en cent climats divers
Promener la revolte aux bouts de l’Univers,
Et iettant du diſcord la ſemence feconde,
Armeroit contre toy les deux moytiez du monde,
Elle uniroit les bras de tout le genre humain,
Ioindroit les deux Soleils du Parthe & du Germain,
Provoqueroit la paix à te faire la guerre,
Et ſur toi ſeul enfin renverſeroit la terre.


Tibere

Pour l’empeſcher d’agir il faut la raſſeurer,
Si ſon crime paroiſt, feindre de l’ignorer :