Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/160

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M. Roger Ducasse aurait pu, en effet, comme tant d’autres, se contenter, en écrivant une mélodie sur les vers de Villon, de lui donner la forme du pastiche traditionnel et banal qui souvent n’est qu’une parodie bien pâle de ces délicieux airs que fredonnaient les marquises poudrées… Mais non, le jeune musicien a pensé — et combien il a eu raison ! — qu’il ne suffisait pas de s’inspirer des formules « du temps » pour chanter la poésie d’une époque ; mais qu’il fallait encore que cette musique, par une recherche de couleur et de pittoresque très « poussée », fût elle-même une évocation.

Et c’est là, précisément, l’originalité amusante et audacieuse du Rondel de M. Ducasse, dont l’accompagnement reproduit les sonorités grêles et cristallines de l’épinette.

Et l’on éprouve, à l’écouter, l’impression exquise que l’on ressent lorsque, par hasard, vous tombe sous les yeux un pastel du dix-huitième siècle aux tons légèrement effacés…

(Le Figaro, 15 novembre 1902.)


Si Édouard Detaille peint une enseigne, vous pouvez prétendre tantôt que c’est « un petit amour Louis XV, aux ailes blanches [1] », ou « un délicieux petit amour en costume de mousquetaire avec

  1. Le Journal, 18 novembre 1902.