Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/24

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



NOTRE MAÎTRE


L’avez-vous vu ? — Qui ? — Dites, l’avez-vous vu ? — Qui ? mon… — Chut, ce n’est pas ça. Notre Maître. Si vous ne l’avez pas vu, vous n’avez rien vu.

Il était Notre Maître, bien que, par pure humilité, noblesse et grandeur d’âme, il ne voulût jamais se dire que Notre Oncle. Il était notre Dieu sur terre. Que dis-je — il était ? Il l’est toujours. Nous l’adorons, nous le respectons, nous tâchons à l’imiter de notre mieux, selon notre pauvre pouvoir. Sa grosse ombre plane encore sur nous : elle nous maintient dans les toutes-puissantes et salutaires ténèbres.

Il aima le public, et le public l’aima. Tous les genres lui étaient familiers et il était familier