Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/239

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que soit ma conduite, — car il se peut que, plus tard, je juge convenable — d’affecter une allure fantasque, — jurez que, me voyant alors, jamais il ne vous arrivera, — en croisant les bras de cette façon, en hochant la tête ainsi, — ou en prononçant quelque phrase douteuse, — comme : « Bien ! bien ! Nous savons ! » ou : « Nous pourrions si nous voulions ! » — ou : « S’il nous plaisait de parler ! » ou : « Il ne tiendrait qu’à nous ! » — ou tel autre mot ambigu, de donner à entendre — que vous avez un secret de moi. Jurez cela, — et que la merci divine vous assiste au besoin ! — Jurez !

LE SPECTRE, de dessous terre.

Jurez !

HAMLET

— Calme-toi ! calme-toi, âme en peine ! Sur ce, messieurs, — je me recommande à vous de toute mon affection ; — et tout ce qu’un pauvre homme comme Hamlet — pourra faire pour vous exprimer son affection et son amitié, — sera fait, Dieu aidant. Rentrons ensemble, — et toujours le doigt sur les lèvres, je vous prie. — Notre époque est détraquée. Maudite fatalité, — que je sois jamais né pour la remettre en ordre ! — Eh bien ! allons ! partons ensemble !

Ils sortent.



Scène VI

[Une chambre dans la maison de Polonius.]

Entrent Polonius et Reynaldo.

POLONIUS

Donnez-lui cet argent et ces billets, Reynaldo.

REYNALDO

Oui, monseigneur.

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