Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/192

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exécuteur ; et que la tête de Bernardin tombe ! Je vais le confesser immédiatement, et le préparer pour un lieu meilleur. Vous êtes encore ébahi, mais voici qui vous édifiera absolument. (Il lui montre le papier.) Partons ; il fait presque jour. (Ils sortent.)


Scène XIII

Une autre salle dans la prison. Entre LE CLOWN.

LE CLOWN.

J’ai ici autant de connaissances que si j’étais dans notre maison de commerce. On se croirait céans chez Dame Surmenée, tant on y rencontre de ses anciennes pratiques. D’abord, il y a le jeune monsieur Écervelé : il est ici pour une livraison de papier gris et de vieux gingembre, évaluée à cent quatre-vingt-dix-sept livres, dont il a tiré cinq marcs, argent comptant. Dame ! c’est que le gingembre n’a guère été demandé : les vieilles femmes étaient toutes mortes. Puis, il y a un monsieur Cabriole, à la requête de monsieur Trois-Poils, le mercier, pour quatre habillements de satin couleur pêche, qu’il est fort empêché de payer. Puis, nous avons ici le jeune Étourdi, et le jeune monsieur Beauserment, et monsieur Éperon-de-Cuivre, et monsieur de Maigre-Valet, l’homme de la dague et de l’épée, et le jeune Chute-de-Cheveux, qui a tué le corpulent Pouding, et maître Dégagé, le spadassin, et le brave monsieur Cordon-de-Soulier, le grand voyageur, et cet extravagant Burette, qui a poignardé Despintes, et, je crois,