Page:Shelley - Œuvres en prose, 1903, trad. Savine.djvu/196

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Le 7 novembre, Brandreth, Turner et Ludlam montèrent sur l’échafaud. Le sort de Brandreth qui nous touche le moins, car, à ce qu’il paraît, il avait tué un homme. Mais il faut se rappeler de qui il avait reçu les insinuations qui le portèrent à agir et à commettre un meurtre. Avec la franchise d’un homme qui va mourir, Brandreth nous apprend que « c’est Olivier qui l’a poussé à cela », que « sans Olivier, il ne se serait pas trouvé là. » Voyez aussi Ludlam et Turner, avec leurs fils, leurs frères, et leurs sœurs, s’agenouiller ensemble pour la solennelle et terrible prière ! L’enfer est devant leurs yeux. Ils frissonnent et défaillent d’épouvante, craignant qu’un péché dont ils ne se seraient pas repentis, ou qu’ils auraient commis volontairement ne scelle leur condamnation au feu éternel. Avec ce terrible châtiment sous les yeux, avec cette redoutable sanction de la vérité de tout ce qu’il disait, Turner s’écria à haute et intelligible voix,pendant que le bourreau lui passait la corde au cou : « Tout cela vient d'Olivier et du gouvernement  ! » Aurait-il pu dire quelque chose de plus ? nous l’ignorons, parce -que le chapelain s’opposa à toute autre déclaration. Des troupes de la cavalerie, les épées tirées et