Page:Shelley - Œuvres en prose, 1903, trad. Savine.djvu/208

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


191

– Rien que le sol tapissé de mousse d’un vert vif, tacheté de touffes de trèfle chargé de rosée, qui pénètrent dans les interstices des arcades dégringolées, et autour des sommets isolés de la ruine. – Comme les vallées tapissées de pelouses de gazon court, qui s’enfoncent tortueusement à travers les forêts de pins et les précipices des Alpes de Savoie. – Vraiment, mon père, votre œil a une vision plus sereine que le mien. - Et les grandes arcades brisées, les masses morcelées qui se sont accumulées en ruines, et qu’ont revêtues les jeunes rejetons de la forêt, et qui ressemblent à des gouffres ouverts par des tremblements de terre au sein des montagnes, plutôt qu’à des débris de ce qui fut une œuvre humaine, que sont-elles? - Des objets qui inspirent un respect religieux et de l’admiration. - Ne sont-ce pas des cavernes telles que les choisirait l’éléphant indompté parmi les solitudes de l’Inde, afin d’y cacher ses petits? Telles que si la mer venait à couvrir la terre les monstres les plus puissants de l’abîme en feraient leurs spacieuses demeures? - Père, vos paroles traduisent en images ce que j’aurais voulu, ce que je n’ai pas pu, hélas ! expri- mer. - J’entends le bruissement des feuilles, et le bruit des eaux, – mais il ne pleut pas - on dirait une source dont les gouttes tombent d’une chute rapide dans un bois.