Page:Shelley - Œuvres en prose, 1903, trad. Savine.djvu/23

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rendu à Dieu est le meilleur, consiste à être meilleur que tous les autres hommes. Mais nous examinerons ce que votre religion était au temps jadis, et ce qu’elle est aujourd’hui. Vous direz qu’il n’est pas loyal à moi de me conduire en protestant, mais je ne suis pas protestant, je ne suis point catholique ; aussi, ne professant ni l’une ni l’autre de ces deux religions, n’en suis-je que plus en état de me prononcer entre elles. Le protestant est mon frère, et le catholique est mon frère. Je suis heureux quand je puis être utile à l’un des deux, et je n’éprouverais pas de plaisir plus grand que de voir des hommes de n’importe quelle religion devenir, grâce à mes avis, plus sages, plus vertueux, et plus heureux.

Jadis les catholiques romains persécutèrent les protestants ; aujourd’hui, les protestants persécutent les catholiques romains. Prétendrions-nous que les uns ne valent pas mieux que les autres ? Non : vous n’avez point à répondre des fautes de vos pères, pas plus que les protestants ne peuvent se prévaloir de la bonté de leurs pères.

Je dois juger les gens tels que je les vois, les catholiques irlandais sont cruellement traités. Je n’essaierai pas de leur cacher leur propre misère : si je l’essayais, ils pourraient penser que c’est dérision de ma part.

Les catholiques irlandais demandent aujourd’hui pour eux-mêmes et l’offrent aux autres une tolérance illimitée, et ceux d’entre-eux qui sont raisonnables, c’est-à-dire, comme je l’espère, la grande majorité, savent que les portes du ciel sont ouver-