Page:Sima qian chavannes memoires historiques v3.djvu/551

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Nos montagnes s’effondrent, — et (le marais de) Kiu-ye déborde.

Les poissons s’agitent et sont inquiets ; — ils sont mis dans la gêne534-1 par les jours d’hiver.

Le lit (du Fleuve) tout du long est endommagé ; — (le Fleuve) a abandonné son cours constant.

Les alligators et les dragons s’élancent en avant ; — ils vont en toute liberté errer au loin.

(Quand le Fleuve) reviendra à son ancien cours, — ce sera certes le bienfait des dieux ;

Si je n’avais pas été faire les sacrifices fong et chan, — comment aurais-je su ce qui se passait au dehors (de la capitale)534-2 ?

Dites pour moi au Comte du Fleuve534-3 : — « Pourquoi n’es-tu pas bon ?

« Ton inondation ne s’arrête pas — et tu désoles mes hommes.

« Ye-sang534-4 est submergé ; — (les rivières) Hoai et Se sont pleines ; « Depuis longtemps tu n’es pas revenu (dans ton lit) ; — les règles qui président aux eaux sont négligées. »

534-1. Le mot -- est l’équivalent du mot -- . Les poissons sont mal à leur aise dans les eaux troubles de l’inondation ; quand vient l’hiver, ils sont pris par la glace qui se produit sur toute la surface des terres inondées.

534-2. L’empereur va boucher la brèche de Hou-tse et faire revenir le Fleuve dans son ancien lit ; ce sera, dit-il, un effet de la bonté des dieux, car c’est une conséquence des sacrifices fong et chan ; si, en effet, il n’était pas sorti de sa capitale pour aller accomplir ces sacrifices, comment aurait-il su les désastres que causait le Fleuve débordé ?

534-3. Si on suit la leçon du Ts’ien Han chou, il faut traduire : Moi, le souverain, je dis au Comte du Fleuve. Sur la divinité appelée le Comte du Fleuve, cf. Mém. hist., chap. cxxvi, biographie de Si-men Pao.

534-4. Cf. tome II, p. 70, n. 8.