Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/209

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A ne 1=‘MNc10¤. 209 vlc sarge * doublé seulement de quelque etolte de soie. Entre les femmes, il y a bien d’autres nivetteries’! j’entends entre les bourgeoises : celles qui ont les cheveux tirés, ou la chaîne ' sur la robe, sont estimées davantage que les autres, qui ne sont pas ainsi parées. , ' Quandje pensea la vanité des hommes, je ne me sqaurois trop émerveiller comment leur esprit, qui sans doute est ca- _ pable de grandes clioses, ne fait que ~s’amuscr aux plus ab- jectes considérations de la terrc. Mille coquins, qui passoieut par la rue, se retournoient pour nie regarder, et moi, qui ai ' ce bienfait des cieux de pouvoir lirè dans 'les pensées, je cnnnoissois bien que quelques-uns se donnoient de la pré- somption, parce que leur habit valoit par aventure plus que le mien, et que quelques autres moins braves étoient au . contraireenvieux de ce que je portois. _ Alors il ne s’écouloit point de jour que `je ne passassc cinq ou six fois par devant la porte de ma Diane, afin de lui jeter des œillades qui lui tissent counoitrc l’extreme affection que j’avois pour elle. Mais cela ne servait de rien; car, étant pour— vue d’unc intinité dïxppas, il y en avoit bien d’autres que moi A qui la regardaient, et je crois qu’elle ne se ponvoit pas figurer que je fusse plus amoureux d’ellc que les autres. Je me résolus lle lui écrire une lettre, pour lui découvrir ma passion. .Ie la lis donc, mais en termes si honnêtes, que l’lxu¤nenr la plus austère du monde n’eut pas pu s’en oiïenser. Vous sçavez de quelle sorte on procède en ces matieres-là; voilà pourquoijo ne vous dirai rien de ce poulet : qu’il vous sultise que je lis · aussi plusieurs vers, pour lui laire donner avec. ll`me souvient qu’il y avoit un sonnet sur son jeune sein, que _i’avois vu croitre petit a'petit depuis que j’étois devenu amoureux d’elle; puisque je l’ai encore en mou souvenir, il faut quqje vous le disc, non pas pour montrer que je tais bien des vers; car, si je vous le voulois témoigner, je vous réciterois une meilleure pièce: c’est seulement pour ne point passer sous si- lence cette petite particularité, Le voici : le vois s'augn1onter chaque jour, En leur petite enllure ronde, ' ‘ Serge. ’ Faclaisee. ' _ · · l'!.

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