Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/269

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DE raANcl0N.‘ 969 Enfin elle rencontra un laqnais, à qui elle demanda quasi tout hors d’el|c-même ou étoient les privés: il les lui montra du doigt; mais, comme elle troussoit sa cotte pour y présider, un jeune garçon, aussi pressé qu’clle, s’y vouloit placer. Ils eu- rent une contestation â qui s’y mettroit le premier :`cepen- dant la mere du marié, qui étoit une grosse résolue de pay- sanne, vint occuper le lieu; de sorte qu’ils furent tous deux contraints de laisser tout couler a l‘endroit où ils se trouvèrent. La bourgeoise, étant de retour, eut encore un ajournement personnel pour aller au meure lieu, où elle tit ses alïaires plus it son aise qu’au premier coup. Lorsque je la vis, je dis aux gentilshommes que je pensois que leur compagnie ne lui étoit pas agréable, et qu’elle ne faisait autre chose que s’en retirer, et marchnndoit it la quitter toutà fait. Ayant en- tendu que je me voulois gausser d’elle, elle tâcha de me donne1· quelque attaque, et, pour sonder la subtilité de mon esprit, elle me dit: Or çà, ménétrier, quelle corde est la plus malaisée à accorder de toutes les tiennes? Est-ce la chauterelIe7 Nenni da, madame, ce dis—je, c’est lu plus grosse : je suis quelquelois plus de deux heures sans en pouvoir venir ai bout. Néanmoins je m’assnre que, si vous l’aviez seulement touchée du doigt, elle se bauderoit toute seule autant comme il faut : quand vous voudrez, vous en verrez l’expérience; elle rendra une harmonie quivous ravira les espritsjusqtrau ciel, j’entemls le ciel de votre lit. ` Les risées que l’on tit de ceci iuvitërent de plus en plus la hourgeoiseà chercher les moyens de me donner quelque hon tmit., pour avoir sa revanche; mais Clérante, se levant. alors de sa place un verre a la main, et roulant les yeux ai la tete, · commença de contret`airel’ivrogne si naïvement, qucj’eusse cru qu’§l l’eût été,`u’ét0it que je sçavois sa portée de vin, etqu’i| n’avoit pas bn la moitié de ce qu’il en falloit pour lui troubler le cerveau. Tout le reste de l’assistance en avoit bien autre opinion que moi. ll chancellc a tous coups, bégaye en parlant et dit des rêveries étranges. ll lait semblant de vouloir essayer y si le vin a bon goût, et, ayant trempé son petit doigt dans le verre, il succ son pouce au lieu de l’autre doigt. lin buvant, il répand la moitié de son vin sur lui, et tire le devant. de sa chemise hors de sa hrayette pour essuyer sa lronche; de nut- ni~`·rr qu’en écarquillrtut les jambes il tnnntrc Ft la hourgroist;

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