Page:Souza - Du rythme en français, 1912.djvu/94

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
90
DU RYTHME, EN FRANÇAIS

W w ^ — v^ W — W W —
J’ai dit mon secret au nuage Qottant,
Au nuage
Qui marche et poursuit, dans l’azur éclatant,
Son voyage.
J’ai dit mon secret à la brise du soir,
’A la brise,
Qui sème les fleurs, dans le lac, ton miroir
O cytise (’).

84. Ce système alterné peut donner lieu à de nombreuses et jolies trouvailles ; mais pas plus qu’une régularisation isométrique, il ne pouvait valoir le balancement instinctif de périodes libres et de périodes mesurées dont le mélange est habituel chez nos poètes. Le plus souvent, ces dernières assurent le début des strophes ou leur résolution ; ou les correspondances ne s’étabhssent qu’entre certains pieds des mètres. Malheureusement les poètes, par ignorance des éléments qu’ils employaient, n’en tirèrent qu’un parti incertain ; et il fallut attendre l’aboutissement des formules romantiques dans Verlaine, pour que ces correspondances entre les bornes du numérisme traditionnel reçussent leur plein effet.

Nous avons donc pu lire des vers comme ceux-ci où deux alexandrins, composés de trois pieds rythmiques irréguliers et semblables, étaient suivis d’un troisième dissemblable, — période résolue par la cadence d’un quaternaire classique :

Puis, va ! — Garde une foi modeste — en ce mystère
D’amour — par quoi je suis la chair — et ta raison,
WW W — J ^ — w wv —
El surtout — reviens très souvent — dans ma maison
w w — vyw— V —’■^ ^w —

Pour y participer au vin qui désaltère… On remarquera que les quatre vers sont terminés par le même pied rythmique, comme les suivants mesurés, en plus, deux par deux dans leurs coupes nouvelles :

La musique de mes louanges à jamais,
K_/ v^ V >^ V ^’V^ <J —
Et l’extase perpétue ? /e et la scienre,

(i) André Van Hasselt, Poésies choisies. (Paris, Fischbacher éd., 1901.)