Page:Stendhal - La Chasse au bonheur, 1912, éd. Séché.djvu/109

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Bonheur de société



A sa sœur Pauline.

L’homme qui se jette dans le monde renonce à vivre par lui ; il ne peut plus exister que par les autres, mais aussi les autres n’existent que pour lui.

Par exemple, un homme à la mode aujourd’hui (prairial, an XII) se lève à dix heures, passe une redingote, va au bain, de là déjeuner. Il revient, prend des bottes et un habit mi-usé, va passer son temps jusqu’à trois heures et demie à faire des visites, non pour affaires, mais pour parler avec ceux qu’il rencontre : de quoi ? il n’en sait rien lui-même en sortant. Il jase de ce dont on jase. A quatre heures, il rentre, va dîner, revient, s’habille, va au spectacle de sept heures à neuf heures et demie, sort après la première pièce, met des culottes de peau, des bas de soie, un tri-