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VII

OÙ PITMAN PREND CONSEIL D’UN HOMME DE LOI


Norfolk-Street n’est pas une grande rue ; et ce n’est pas non plus une belle rue. On en voit sortir surtout des bonnes à tout faire, sales, dépeignées, évidemment engagées au rabais : on les voit, le matin, aller chercher des provisions dans la rue voisine, ou, le soir, se promener de long en large, écoutant la voix de l’amour. Deux fois par jour, on voit passer le marchand de mou pour les chats. Parfois un novice joueur d’orgue de Barbarie se risque dans la rue, et aussitôt se remet en route, dégoûté. Les jours de fête, Norfolk-Street sert d’arène aux jeunes sportsmen du voisinage, et les locataires ont l’occasion d’étudier les diverses méthodes possibles de l’attaque et de la défense individuelles. Et tout cela, d’ailleurs, n’empêche pas cette rue d’avoir le droit de passer pour « respectable » ; car, étant très